Les animaux connaissent-ils le deuil ?

Les animaux de compagnie, ou autres, ont un attachement profond avec les êtres qui les entourent, mais connaissent-ils eux aussi le deuil lorsque l’un d’eux décède ?  Éprouvent-ils de la tristesse ? Pouvons-nous les consoler ?

 

Les animaux, des êtres vraiment sensibles

Peu importe l’espèce, mais ce qui est sûr, c’est que les animaux ressentent nos joies, nos peines, notre souffrance. Lorsque nous affrontons un deuil, l’on se rend compte de leur réaction spontanée. Certains animaux fuguent pour aller se « recueillir » sur la tombe de l’être disparu. L’histoire la plus déchirante et la plus connue et celle d’ Hachiko, Akita Inu né dans les années 20.  Devenu célèbre au Japon pour avoir attendu journellement pendant 10 ans son maitre à la gare de Shibuya. Puis il y en a eu d’autres… Certains doutent de cette réalité, la remettent en question, d’autres, lui prête même un peu d’anthropomorphisme, pourtant des spécialistes contestent cette affirmation et demeurent convaincus que les animaux traversent des phases de deuil comme les humains lors de la perte de l’un des leurs. Alors mythe ou réalité ?

 

Pas de réelles preuves scientifiques, mais…

Paraît-il que les animaux vivent l’instant présent, ce qui pourrait expliquer que notre changement de comportement soudain, influerait sur leurs habitudes. L’histoire d’Hachiko fait preuve.  Claire Bentolila, comportementaliste animalier, décrit le deuil de l’animal comme l’absence de rituel mis en place. Karen Overall, spécialiste en comportement animal de la Pennsylvanie et rédactrice en chef du Journal of Veterinary déclare avec plus d’assurance qu’il existe bien une profondeur et une nature certaine du chagrin chez les animaux.  Marc Bekoff, professeur d’écologie et de biologie évolutive à l’Université du Colorado, affirme aussi avoir été témoin de nombreux cas du chagrin animal. Des mamans otaries gémissant douloureusement en voyant leur progéniture victime des épaulards. Des éléphants au Kenya entièrement perdus avec une errance sans but suite au décès de la matriarche. Une renarde rousse enterrant son copain tué par un couguar.

Pour Alain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, l’animal n’a pas conscience de la mort, mais il a conscience de l’absence. Il estime que « jamais on ne démontrera qu’il y a conscience de la mort mais jamais on ne pourra démontrer le contraire pour beaucoup d’espèces ».

 

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

Lorsqu’un animal perd un copain, un frère, un maitre, il n’est pas rare qu’il cesse de s’alimenter, et démontre un air assez abattu. Il ne se livre plus à aucune activité, il dort beaucoup. Il devient léthargique, il tombe aussi parfois malade. Autant de réactions et de parallèles très similaires à ceux de l’humain. La tristesse d’un animal est donc bien manifeste, et marque bel et bien un signe de deuil.

 

Des approches pour aider votre animal dans le deuil

La première chose à faire et déjà de vous prendre en main, de prendre soin de vous, l’animal le ressentira automatiquement. Efforcez-vous de créer une atmosphère sereine au sein de votre foyer. Parler à votre animal pour le rassurer. Ce dernier sera sensible au ton de votre voix ainsi qu’à votre gestuelle. N’ayez crainte de changer radicalement votre quotidien, en quelque sorte changez vos habitudes et les siennes. Lors de promenades, prenez des chemins qu’il ne connaît pas. Il se focalisera sur la découverte de nouvelles odeurs, de nouveaux lieux. En quelque sorte, il faut instituer une nouvelle routine. Il est également conseillé de changer les paniers de couchage en raison des odeurs qui stimule sa mémoire.

Bref pour l’aider dans cette phase difficile, entourez le d’affection, montrez- lui qui l’est en sécurité, et à quel point vous tenez à lui. Il se sentira rassuré, soutenu et compris.

———————————————————————————————————————————–

journaliste, rédactrice en chef

 

 

 

 

 

Gerset Bénédicte-Journaliste-rédactrice